Une lecture recontre

avec Silvia Härri


25 septembre 2026 à 20h

Caves de Couvaloup, Rue de Couvaloup 10, 1110 Morges

Silvia Härri écrivait en 2015 :

«Je pense que tout peut « faire poésie », à condition que l’on sache faire preuve de cette attention singulière aux êtres et aux objets qui, sans que l’on sache à quel moment ni pourquoi, nous fait tout à coup entrer en résonance avec une forme de réalité extérieure ou intérieure et déclenche le mouvement de la main vers la plume ou le clavier.»

Propos extraits d’une résidence virtuelle, en 2015, sur le site poesieromande.ch.

Son recueil Dérives témoigne de ce regard vigilant porté sur le monde et les êtres et révélés par le poème, en deux volets qui questionnent la mémoire. Tout d’abord par l’histoire banale et singulière d’un homme qui égare le sens des mots, c’est le morcellement du langage, et le combat pour conjurer sa perte qui est évoqué.
En seconde partie, par une série de scènes concrètes, de naufrages et de rêves trahis la poète rend présente la dimension de la mémoire collective, retraçant les drames des migrants qui tentent de gagner un «Occident fantasmé».

le vieil homme
perclus d’attente
Alep gravé sur le front
– cicatrice ou racine
à quelle terre arrachée ?-
à travers une brèche du grillage
regarde l’olivier

Silvia Härri, poète et romancière vit à Genève. Elle partage son temps entre l’enseignement et l’écriture. Elle a publié dès 2010 plusieurs recueils de poésie aux éditions Samizdat et Empreintes, dont Extravagances en 2015. Ainsi que des ouvrages en prose chez Bernard Campiche éditeur, dont Loin de soi, 2013 prix Georges Nicole 2013 ; Je suis mort un soir d’été, 2016, prix de la RTS, prix de la Ville de Lausanne, prix Lettres Frontières 2017. Et Journal de l’oubli, 2020. Elle est également auteure de deux albums pour la jeunesse aux éditions NotariE.